
Tomes 1 à 2
La rencontre
Tout commence un soir de pluie : Hideki, jeune provincial fraîchement arrivé à Tokyo pour préparer un concours d'entrée à l'université, tombe sur une Persocom abandonnée sur un tas d'ordures. Sans argent pour s'offrir un tel ordinateur humanoïde — objet de luxe dans cette version alternative du Japon où chaque foyer ou presque en possède un — il la ramène malgré tout chez lui, par simple compassion. La machine, qu'il baptise Chi d'après le seul mot qu'elle sait prononcer, se révèle différente des autres Persocoms : incapable de se souvenir de son passé, dépourvue de disque dur accessible, elle doit tout réapprendre depuis le début, comme un nourrisson découvrant le monde. Ce premier arc installe le ton doux-amer de la série : sous la comédie de mœurs (Hideki multipliant les petits boulots, ses voisins et camarades de classe s'invitant dans son quotidien) affleurent déjà des questions plus graves sur la solitude urbaine et la frontière entre objet et personne. La cohabitation entre Hideki et Chi, faite de maladresses attendrissantes et de petites victoires (un mot appris, un geste du quotidien maîtrisé), tisse un lien qui dépasse rapidement le simple rapport propriétaire-machine. C'est aussi l'occasion de présenter le décor de la série — l'immeuble tenu par la mystérieuse Chitose Hibiya, le collège privé où enseigne Shinbo, le café où Hideki décroche un emploi — et l'essentiel du casting qui gravitera autour du duo pendant les huit tomes.